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20/02/2008

Camembert de Normandie, nécro fromagère annoncée

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Difficile de ne pas songer à un duel à la David et Goliath. Dans le rôle de David : les producteurs de camembert d’appellation d’origine contrôlée de Normandie. Dans celui de Goliath : Isigny-Sainte-Mère et Lactalis (Lepetit, Lanquetot en grande surface, et d'autres marques dans les crémeries), deux géants retirés, en signe de protestation, de l’appellation d’origine contrôlée depuis avril 2007.


La hache de guerre ? La volonté des deux groupes de réviser le contenu de l’AOC qui protège et définit le camembert de Normandie depuis 1986.

Une raison de s’inquiéter…? Euh… Lorsqu’ils ont quitté l’AOC, les deux industriels représentaient près de 90% de la production d’authentique camembert de Normandie. Une pression forte, très forte, donc, sur l’Institut national des appellations d’origine (INAO), qui doit prochainement statuer sur la demande de révision exprimée par Isigny-Sainte-Mère et Lactalis.

Le mouvement qui répond au doux nom de Slowfood France et le vénérable Comité de défense du véritable camembert mènent aujourd'hui une campagne de sensibilisation aux enjeux gustatifs et culturels de ce projet de modification du décret de 1986.


Rendez-vous sur la pétition !


Pour ceux que l’affaire intéresse, petit résumé des dernières évolutions du dossier :

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Jusqu'à présent, l’AOC du camembert de Normandie rend obligatoire l'utilisation de lait cru. Pour des raisons d'hygiène, Isigny-Sainte-Mère et Lactalis réclament une modification du décret de l'AOC (le texte qui énonce les conditions à remplir pour commercialiser un fromage sous cette appellation) : l'usage de lait "microfiltré", "thermisé", ou enrichi ne modifierait pas le goût et écarterait toute menace pathogène...

L'argument sanitaire ne convainc pourtant pas Sylvie Montal, directrice du laboratoire scientifique et technologique du lait et de l'oeuf de Rennes, pour qui les risques demeurent "statistiquement infimes". La scientifique reconnaît par ailleurs "un risque certain d'uniformisation" de la saveur des produits.

La modification du cahier des charges réclamée par les deux industriels est actuellement en cours à l'INAO (Institut national des appellations d'origine).

Le détail des conditions de l'AOC : ici.

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